La graphomancie, ou comment communiquer avec l’au-delà par l’écriture

Par Julien JudePublié le 31 mai 2018 dans Arts divinatoires plume et encrier

La graphomancie, art divinatoire méconnu du grand public et peu pratiqué à notre époque, se différencie néanmoins des autres méthodes de divination dans sa réalisation. Itinéraire fascinant au cœur d’une écriture médiumnique capable d’ouvrir les portes d’un autre monde.

En effet, par l’intermédiaire d’un écrit inspiré par un esprit, une personne défunte, il devient possible de communiquer avec des esprits présents dans l’au-delà. Si l’écriture automatique est réservée aux médiums, cette technique est quant à elle accessible à tout un chacun, car elle peut s’acquérir et se développer.

Depuis des millénaires, de nombreuses civilisations s’en servent pour créer ce lien avec l’au-delà. En Grèce en Afrique ou en Inde, les devins, griots ou chamans maîtrisaient cet art de nos jours presque oublié…

Définition et origines de la graphomancie

La graphomancie est quelque peu différente des autres pratiques divinatoires puisqu’elle n’est pas directement liée à la lecture du futur mais elle a pour but d’établir un lien avec une personne venant de l’au-delà.

Pour cela le graphomancien, voyant qualifié dans ce domaine, se servira de l’écriture pour transmettre le message. Il se laissera guider par cette personne pour écrire des mots, ou une succession de symboles qu’il devra par la suite déchiffrer afin d’en comprendre le contenu.

C’est au cours du 19ème siècle que certains personnages ont permis de révéler la pratique de la graphomancie. Parmi eux, on trouve le prêtre et écrivain Jean-Philippe Michon qui fut l’un des inventeurs de la graphologie, procédé scientifique qui étudie le profil psychologique d’un individu en s’appuyant sur l’analyse de son écriture.

Aux Etats-Unis, les sœurs Fox ont profité de l’intérêt grandissant de l’occident envers le paranormal pour rendre populaire cette pratique.

Léon Hyppolite Rivail, né au début du siècle et surnommé Allan Kardec va jouer un rôle majeur dans ce qu’on appelle la communication avec l’au-delà. Ce père fondateur du spiritisme moderne qui est encore reconnu aujourd’hui pour ses découvertes, nous révèle ses techniques dans un ouvrage datant de 1955, intitulé : « Le livre des esprits ». Il traite de la psychographie, plus communément appelée, lecture automatique.

Les conditions pour un résultats optimum

Pratiquer la graphomancie requiert un certain nombre de qualités dont le voyant devra être pourvu s’il souhaite améliorer ses chances de réussite :

  • Tout d’abord il faudra faire preuve de concentration, élément essentiel pour rentrer en contact avec l’autre monde.
  • Parvenir à dominer son esprit est également capital lors d’une séance, le graphomancien doit être capable de gérer ses pensées et de les orienter vers ce qu’il est en train d’accomplir.
  • Faire le vide en soi est aussi nécessaire car cela permet au praticien d’agir en toute sérénité.

Déroulement d’une séance et interprétations

Afin de favoriser un résultat convaincant, le médium suivra un rituel bien précis.
Celui-ci doit commencer par s’isoler dans une pièce sans aucun bruit pour faire abstraction de tous les éléments perturbateurs.

Puis il allume une bougie, pose du gros sel sur une soucoupe et fait également une prière afin de se protéger des éventuels esprits malfaisants qui pourraient interférer lors de la séance et en fausser les résultats.

Il se muni d’une feuille de papier vierge et d’un stylo ou crayon puis entame la phase d’écriture automatique.

L’esprit totalement libre et vidé, le graphomancien ferme les yeux et se concentre fortement sur l’âme de la personne décédée avec qui il souhaite rentrer en contact. Lorsque que la communication est établie (cela peut prendre un certain temps), le stylo va se mettre à bouger sans l’intervention du médium pour former des lettres ou signes qu’il pourra interpréter par la suite. Le défunt se sert de l’énergie du consultant, pris dans une sorte de transe, pour faire passer un message à travers son stylo.

Une fois que l’écriture s’arrête, le voyant ouvre les yeux et reprend progressivement ses esprits. Après cet exercice qui est souvent éprouvant pour lui, il pourra passer à la deuxième phase qui consiste à interpréter les écritures, signes ou dessins obtenus.

Lors des premières séances, la compréhension de ces écritures est parfois difficile ou même impossible. On peut voir par exemple apparaître sur la feuille, des chiffres ou symboles qu’on ne peut décrypter. Une pratique régulière facilitera les interprétations futures.

Ecriture automatique et écriture inspirée

Reprenons. On distingue deux catégories d’écritures qu’il ne faut pas confondre :

  • L’écriture dite inspirée ou intuitive, se déclenche à un moment inattendu lorsque l’on écrit. L’entité, qui peut être un proche décédé vient d’elle-même prendre possession du stylo et les mots se forment indépendamment de notre volonté. Ici, notre inconscient se mêle avec l’âme du défunt. Cette activité demande calme et concentration et tout le monde peut la pratiquer.
  • L’écriture automatique est réservée à une personne avertie qui maîtrise toutes les étapes et rituels d’une séance. Cette fois le médium fait appel à une entité qui pénètre dans son corps et guide sa plume. La transmission du message se fait directement de l’âme au récepteur sans passer par son inconscient.

Quel que soit son niveau de maîtrise en matière de graphomancie, que l’exercice fasse partie d’un rituel ou d’une simple « inspiration » de l’au-delà, cette expérience s’avère dans tous les cas puissante et captivante.